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Cette semaine, nous lisons la paracha Ki Teitzei. Cette paracha compte parmi les plus longues de la Torah, et c’est aussi celle qui contient le plus grand nombre de mitsvot de toutes les portions de la Torah, avec 74. Les mitsvot abordées dans cette paracha couvrent divers aspects de la loi juive, tels que la manière de s’habiller, diverses lois relatives au mariage et au divorce, les règles applicables aux travailleurs, ainsi que — ce qui est particulièrement pertinent à l’époque moderne — le fonctionnement des tribunaux.

Alors que la paracha de la semaine dernière, la paracha Shoftim, a présenté au monde l’idée d’un système organisé de maintien de l’ordre par le biais de la police et des tribunaux, la paracha de cette semaine aborde le comportement de ces instances et introduit de nombreuses lois qui restent d’actualité aujourd’hui.

L'article 12 de la Constitution colombienne stipule : « Nul ne sera soumis à des disparitions forcées, à la torture ou à des peines cruelles, inhumaines et dégradantes. » Le huitième amendement de la Constitution des États-Unis interdit également les « peines cruelles et inhabituelles ». L'article 13 de la Constitution colombienne stipule que « tous les citoyens naissent libres et égaux devant la loi », et le préambule de la Constitution américaine stipule également que « tous les hommes sont créés égaux ».

Aujourd’hui, la plupart des pays occidentaux interdisent la cruauté et (du moins sur le papier) tout le monde est égal devant la loi ; mais malheureusement, tout au long de l’histoire et encore aujourd’hui, cela n’est pas garanti. Dans de nombreux pays, la plupart des tribunaux ne sont qu’une mascarade, où l’État de droit n’existe pas et où les peines ont tendance à être brutales. Au cours de l’histoire, la plupart des nations recouraient à la peine capitale pour les délits les plus insignifiants, et la torture était monnaie courante.

Les parashiot de la semaine dernière et de cette semaine interdisent toutes deux ce type de comportement. Dans la parasha de la semaine dernière, il était question des systèmes judiciaires, et il était précisé que la police et les tribunaux ne devaient pas abuser de leur pouvoir. Il y est également mentionné que les tribunaux doivent rester impartiaux. La parasha de cette semaine développe ces points. Comme nous le dit la Torah : « Tu ne fausseras point la justice due à l’étranger, ni à l’orphelin… S’il y a un différend entre des hommes, et qu’ils viennent en jugement, et que les juges les jugent, en justifiant le juste et en condamnant le méchant, alors il en sera ainsi : si le méchant mérite d’être puni… et qu’il soit puni… selon la mesure de sa méchanceté… quarante coups de fouet il pourra lui infliger, il ne dépassera pas… »

Dans le premier des deux versets, D.ieu affirme haut et fort que la justice s’applique à tous. Le terme « l'étranger » désignait à l'époque les non-Israélites, et désigne aujourd'hui les non-juifs. Ne pas fausser la cause signifie examiner chaque cas sans parti pris. Bien que cela puisse sembler aller de soi, il est important de le rappeler, car la justice n'est pas la justice si la loi est différente pour chacun. Par conséquent, pour qu'il y ait justice, tous doivent être égaux devant la loi.

Dans le deuxième de ces versets, D.ieu établit les principes régissant la punition. La définition d’une punition cruelle et inhabituelle à l’époque biblique était différente de celle de nos jours, mais elle vise le même objectif. Dieu veut que, lorsqu’une punition est infligée, elle soit proportionnée au crime commis, c’est-à-dire qu’elle ne soit pas cruelle. À cette fin, Dieu veut que si un juge prononce une sentence trop sévère, il soit lui-même puni et démis de ses fonctions de juge, car il entache le nom de la justice.

En conclusion, tout comme la paracha de la semaine dernière, celle de cette semaine nous encourage également à mener une vie à la poursuite de la justice. Elle nous enseigne que, pour qu’il y ait justice, il faut que règne l’État de droit, où chacun est traité sur un pied d’égalité. La justice, c’est l’égalité pour tous devant la loi. Il est indispensable que la justice soit rendue par un tribunal, car si celui-ci n’est pas juste, qui le sera alors ?

Shabbat Shalom,

Ezra Jinich, BBYO

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