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Parasha Metzora : Le sacrifice de la parole
Dans cette parasha, nous découvrons les règles relatives à une maladie biblique appelée « Tzara’at ». Cette maladie a été traduite par « lèpre », mais en réalité, elle n’est pas vraiment comparable à cette affection cutanée moderne.
Dieu nous dit ce que nous devons faire si l'un d'entre nous est atteint de cette « lèpre ». Nous ne pouvons pas rentrer chez nous ; nous devons au contraire nous isoler et ne pouvons revenir qu'après sept jours de purification.
C'est une sacrée coïncidence que cette paracha soit lue juste deux semaines avant la Pâque, qui s'articule elle aussi autour des impuretés et des périodes de sept jours. Pour Pessah, on nettoie sa maison de la moindre trace de hamets afin de s'assurer que, pendant les sept jours de la Pâque, notre maison soit exempte de hamets.
Nous avons appris dans cette paracha que pour pouvoir rentrer chez soi après avoir souffert de la tzara’at, il fallait sacrifier un oiseau, puis tremper un autre oiseau dans un mélange d’hysope et de rouge écarlate. L’hysope était également utilisée dans l’Égypte biblique. Moïse avait demandé au peuple juif de peindre leurs maisons en rouge avec de l’hysope afin que le fléau des premiers-nés n’affecte pas leurs familles. Le symbolisme du sacrifice d’un oiseau pour la Tzara’at s’explique par le fait que le Midrash dit qu’on est affligé de cette maladie particulière lorsqu’on tient des propos de Lashon Hara, et que les oiseaux symbolisent le pouvoir de la parole. Cela expliquerait pourquoi le logo de Twitter est un oiseau.
Peut-être que le message de ce sacrifice est de nous faire prendre conscience des dangers inhérents à la parole. Certes, la parole peut être merveilleuse, notamment lorsque nous l’utilisons pour complimenter quelqu’un, défendre nos convictions ou prononcer des paroles issues de la Torah et de la Tefila. Cependant, la parole peut aussi être dangereuse, lorsque nous insultons quelqu’un, tenons des propos de Lashon Hara ou causons du tort par nos paroles. La parole est une arme à double tranchant. Elle peut tuer, mais elle peut tout aussi vite apporter le bonheur. Lorsque nous l’utilisons quotidiennement, il est crucial qu’elle apporte de la bonté dans le monde. Le Gaon de Vilna a même dit que si l’on a l’intention de dire du mal, de commérer ou de tenir des propos de Lashon Hara avec ses amis à la synagogue, il vaut mieux prier chez soi et ne pas y aller du tout. Bien que cela puisse sembler une position extrême, son argument est que le Lashon Hara est si grave qu’il faut même sacrifier la prière publique pour s’assurer de ne pas dire du mal d’autrui.
C'est peut-être là le message du sacrifice. Nous apportons deux oiseaux, mais nous n'en abattons qu'un. Nous ne voulons pas museler toute parole ; nous voulons simplement qu'elle cesse d'être utilisée à des fins destructrices. Un oiseau reste en vie pour nous rappeler que la parole bonne et positive doit perdurer, car sa raison d'être est d'une valeur inestimable. C'est la parole douloureuse, nuisible et destructrice qui doit cesser d'exister.
À l'approche de la fête de la Pâque, alors que nous purifions nos maisons du hamets, purifions également notre comportement et nos paroles. Veillons à ce que nos paroles soient toujours positives et constructives, et jamais blessantes ni douloureuses.
Shabbat Shalom
Gal Rubel, BBYO
All views expressed on content written for The Shofar represent the opinions and thoughts of the individual authors. The author biography represents the author at the time in which they were in BBYO.
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