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Ce D’var Torah est dédié au prompt rétablissement de Chaya Gabriel Masoda, fille de Sarah

La paracha de cette semaine, Kedoshim, contient toute la Torah. Je sais que cela peut paraître fou, mais écoutez-moi bien. Une grande partie du livre de Vayikra est consacrée au service des prêtres dans le Temple. Dans la majeure partie du livre, D.ieu donne ses instructions à Moïse, et Moïse les transmet aux Kohanim (prêtres). La paracha de cette semaine commence par ces mots : « L’Éternel parla à Moïse, en disant : Parle à toute l’assemblée des enfants d’Israël, et dis-leur : Vous serez saints, car moi, l’Éternel, votre D.ieu, je suis saint » (Vayikra 19:1-2, trad. JPS). Le commentateur médiéval Rashi s’appuie sur ce passage et explique que cela nous enseigne que ce chapitre s’adresse à tout le peuple d’Israël, car c’est de lui que sont tirées les règles les plus fondamentales de la Torah. La plus importante d’entre elles est peut-être la mitsva d’aimer son prochain.

Le Talmud de Babylone, dans le traité de Shabbat, raconte l’histoire d’un non-juif qui s’approcha du grand sage Hillel et lui demanda de lui enseigner toute la Torah en se tenant sur un seul pied ! Hillel accepta et lui dit : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ; voilà toute la Torah, et le reste n’est que commentaire. Maintenant, va et apprends. » Hillel a tiré cette leçon de la paracha de cette semaine, où il est dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même : Je suis l’Éternel » (Vayikra 19:18, trad. JPS). La question de savoir comment aimer son prochain comme soi-même sert de fondement à ce que signifie être juif, en ajoutant de la kedoucha (sainteté) à sa vie par le biais des mitsvot. Le Tanya, ouvrage fondateur du mouvement Habad, affirme que chaque être humain possède une Nefesh HaBahamit (âme animale) et une Nefesh HaElokit (âme divine). La Torah cherche à nous aider à placer la Nefesh HaElokit en position d’autorité et de contrôle sur la Nefesh HaBahamit. Tout au long de la Parasha Kedoshim, il nous est commandé de faire des choses qui vont à l’encontre de l’instinct animal inhérent à la nature humaine. Il nous est commandé de ne pas garder de rancune, d’accorder un respect quasi inconditionnel à nos parents, de ne pas nous venger, de ne pas voler et de toujours laisser de la nourriture pour les pauvres aux coins de nos champs. Il nous est également commandé de faire des choses que nous ne comprenons peut-être pas, comme ne pas raser les coins de notre visage, ne pas mélanger les types de graines ou les types de tissus. Notre instinct animal nous dira de faire ce qu’il faut pour survivre, quelles qu’en soient les conséquences, et de ne pas suivre des règles qui ne nous semblent pas logiques à première vue, tandis que notre instinct divin cherchera à trouver un sens, à être bienveillant envers les autres et à suivre la volonté de Dieu. Le projet de la Torah est de devenir plus divin.

Le rabbin Louis Jacobs explique que si le judaïsme met l’accent sur l’aspect juridique de la religion, c’est parce que lorsque nous agissons par obéissance à des idéaux nobles, nous les faisons descendre du ciel. Il affirme qu’en prenant soin des autres, en pratiquant la charité et la bienveillance, notre caractère s’améliore. En d’autres termes, il dit que nous partons d’un sentiment d’obligation, en accomplissant ces actes parce que D.ieu le demande, comme nous le dit la Torah, et que notre nature profonde finit par changer pour embrasser pleinement ces valeurs comme si elles étaient les nôtres, tout comme le fait D.ieu. C’est là tout l’enseignement de la Torah. Alors que nous vivons à une époque où le monde est rempli de haine et de malveillance, nous devons nous rappeler notre mitzvah sacrée d’aimer. Beaucoup de gens ont pour coutume de réciter chaque matin : « J’accepte l’obligation d’accomplir la mitsva de mon Créateur dans la Torah : Aime ton prochain comme toi-même. » J’espère qu’en tant que Juifs, nous prendrons cette obligation au sérieux et que, à travers la Parasha Kedoshim, la sainteté, nous transformerons notre monde en un monde de relations sacrées entre nous et entre nous et D.ieu.

Shabbat Shalom

Mateo Levin, représentant BBYO à Manhattan

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