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682753add3131e734c9def11_Yuval Cohen Kallah 26 juillet - 232

« Emor el haKohanim — Parle aux prêtres. »

Cette parasha s'ouvre sur un seul mot qui donne le ton : Emor — « Parle ». Mais il ne s'agit pas d'un discours quelconque. C'est un ordre de parler avec soin, avec un but précis, en toute intention.

Dans la Parasha Emor, on nous présente les lois qui régissent la vie des Kohanim, les prêtres — ceux à qui incombe la mission de porter la sainteté sur leurs épaules. Des limites leur sont imposées : comment faire son deuil, qui épouser, quand se retirer des rituels. Ces lois peuvent paraître strictes, mais elles découlent d’une responsabilité sacrée.

À première vue, l'Emor peut sembler lointain : des règles anciennes pour des rôles d'autrefois. Mais en y regardant de plus près, on s'aperçoit qu'il s'agit en réalité de la manière dont nous parlons, dont nous vivons et dont nous intégrons le sacré dans notre quotidien.

Il règne dans cette parasha une tension sous-jacente — entre le public et l'intime, entre le devoir et les sentiments, entre la perfection et l'humanité.

On attend des Kohanim qu’ils se présentent dans un état irréprochable : purs, intacts, saints. Mais qu’en est-il lorsqu’ils sont en deuil ? Et lorsqu’ils sont brisés ?

L'Emor n'efface pas cette douleur : il la reconnaît et construit un cadre autour d'elle. Il dit : « Oui, tu souffres. Et pourtant, tu gardes en toi quelque chose de sacré. Voici comment porter ces deux choses à la fois. »

Et n’est-ce pas souvent ce que l’on ressent quand on est adolescent ? On attend de nous que nous prenions les devants, que nous inspirions les autres, que nous soyons le grand frère ou la grande sœur, le bon élève, le juif modèle. Mais nous avons aussi nos propres combats à mener : des chagrins silencieux, le stress, le doute de soi, la confusion quant à qui nous sommes et qui nous devenons.

Emor nous murmure : « Il y a de la place pour les deux. »

La sainteté n'est pas seulement un titre : elle se manifeste dans la façon dont nous parlons aux autres. Dans la façon dont nous gérons notre souffrance. Dans la façon dont nous prenons du temps pour nous quand nous en avons besoin. Dans la façon dont nous sommes présents pour les autres tout en respectant nos propres limites.

Plus loin dans la paracha, on nous rappelle le caractère sacré du temps. Le Shabbat. Les fêtes. Le rythme du calendrier juif. C’est comme si la Torah nous disait : même lorsque le monde semble chaotique, vous pouvez créer des moments de sainteté. Faites une pause. Respirez. Allumez des bougies. Mangez ensemble. Prononcez des paroles qui apaisent.

Emor signifie « parler », mais pas de manière bruyante et théâtrale. C'est le genre de discours qui exige d'écouter d'abord. D'écouter son corps. Ses limites. Son âme. Et ensuite, quand on est prêt, d'utiliser sa voix pour inspirer les autres.

Ce Shabbat, je vous demande donc :

  • Quels sont les mots que je dois prononcer — à moi-même ou aux autres ?

  • Où puis-je créer une frontière qui me donne un sentiment de sacré, sans pour autant me restreindre ?

  • Comment puis-je assumer mes responsabilités envers ma communauté sans pour autant négliger de prendre soin de mon bien-être intérieur ?

Puissions-nous apprendre à assumer nos responsabilités sacrées avec douceur, à parler avec intention et à vivre dans une sainteté qui ne cache pas notre humanité, mais qui l'embrasse.

Shabbat Shalom BBYO,
Maya Shahar
BBYO

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