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Parasha Emor : Dans un monde où l'on est parfaitement imparfait
Les premiers mots de la paracha Emor revêtent une grande importance : « ???? ?? ?????? » (« Parle aux prêtres »). La paracha s'ouvre sur un mot unique, mais puissant : « parle ».
La Torah décrit les différents aspects de la vie juive. Elle commence par expliquer les responsabilités particulières des Kohanim, les prêtres. Les Kohanim avaient pour mission de protéger le Beit HaMikdash. Ces règles définissent les limites à respecter, notamment la manière de faire son deuil, le choix du conjoint et les moments où il faut s’abstenir de pratiquer les rites. Ces lois peuvent nous sembler strictes, mais elles rappellent les responsabilités qui incombent aux Kohanim dans leurs actes, tout comme nous avons tous des responsabilités vis-à-vis de quelque chose que nous utilisons tous les jours : notre voix.
Nous vivons dans un monde, surtout à l’adolescence, où la pression pour paraître parfait est constante. Que ce soit à l’école, sur les réseaux sociaux ou face à notre avenir, on a parfois l’impression d’être constamment comparés aux autres. D’une certaine manière, on a l’impression qu’on nous demande de vivre comme des Kohanim, toujours impeccables, toujours « parfaits ». Pourtant, nous sommes parfaitement imparfaits. En réalité, c’est le caractère unique de nos imperfections qui nous rend forts, tout comme les Kohanim.
Emor nous invite, nous, les Alephs les B’nai B’rith Girls d’aujourd’hui, à mettre la puissance de nos voix au service du bien. Nous pouvons dénoncer les injustices du monde et être une source de lumière dans la vie de quelqu’un. Ce sentiment de sacré que nous portons tous au plus profond de notre neshama, notre âme, est le don d’Emor, qui nous guide vers une vie empreinte de sacré.
Plus loin dans la paracha, cette notion de sainteté réapparaît à travers le temps lui-même, avec la mitsva de la Sefirat HaOmer, le décompte des sept semaines entre Pessah et Shavouot. Chaque jour, nous comptons à voix haute. Ce rituel nous invite à faire une pause dans nos vies souvent trépidantes et à prendre un moment pour réfléchir et grandir.
Tout comme le décompte de l’Omer nous construit jour après jour, nous nous construisons nous-mêmes mot après mot. La joie et la sainteté du décompte de l’Omer nous offrent un moment de connexion au milieu du chaos de nos vies imparfaites. Nous pouvons utiliser notre voix pour faire une pause et prononcer, à nous-mêmes et aux autres, des paroles qui apaisent.
Emor nous invite à « prendre la parole ». Pas pour prononcer des paroles retentissantes qui font tourner les têtes, mais pour murmurer des mots de réconfort lorsque ton frère Aleph ta sœur B’nai B’rith Girl a besoin d’un câlin et d’une épaule sur laquelle s’appuyer. Lorsque nous utilisons notre voix pour remonter le moral et soutenir les autres, je te demande de te souvenir des paroles de la portion Emor, qui nous guident vers une vie d’imperfection parfaite.
Alors que nous accueillons l’Épouse du sabbat, je vous pose cette question : quels sont les mots dont vous avez besoin de vous dire à vous-même ou de dire aux autres ? Emor nous enseigne à assumer les responsabilités de la vie avec grâce et humilité, tout en gardant à l’esprit que même ceux à qui l’on demande le plus ont encore besoin de soutien.
Puissions-nous avoir le courage de nous exprimer, de demander de l'aide et de remonter le moral de ceux qui nous entourent. Et puissions-nous tous vivre un Shabbat parfaitement imparfait, guidés par la force de nos voix.
Shabbat Shalom,
Mel Franklin
Région du Wisconsin
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