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Identité
Parasha Bo : L'identité commence chez soi
La parasha Bo marque un tournant dans l’histoire du peuple d’Israël. Jusqu’à présent, notre identité a été largement façonnée par la souffrance. On nous connaît comme des esclaves, comme un peuple opprimé défini par ce qu’on nous fait subir. Mais dans la parasha Bo, quelque chose change. Avant même que les Israélites ne soient physiquement libérés d’Égypte, Dieu commence à redéfinir qui ils sont.
Le premier commandement donné au peuple juif ne concerne ni la croyance ni la morale, mais le temps : « Ce mois sera pour vous le premier des mois. » Dieu confère aux enfants d’Israël la maîtrise du calendrier. Pour la première fois, ils ne vivent plus selon l’emploi du temps du Pharaon, mais selon le leur. L’identité commence lorsque l’on est capable de définir son propre temps, ses priorités et son rythme de vie. Immédiatement après, Dieu ordonne aux Israélites de marquer les montants de leurs portes avec du sang et de se rassembler à l’intérieur de leurs maisons pour manger le korban Pesach. La liberté ne commence pas sur la place publique, elle commence dans les espaces privés. À l’intérieur de la maison. Au sein de la famille. L’identité n’est pas seulement quelque chose que l’on proclame à l’extérieur ; c’est quelque chose que l’on pratique à l’intérieur.
La paracha Bo accorde également une grande importance à la transmission des récits. À maintes reprises, la Torah nous dit que nous devons expliquer l’Exode à nos enfants : « Et tu raconteras à ton enfant, ce jour-là… » Notre identité en tant que Juifs est indissociable des récits que nous choisissons de transmettre. Nous ne sommes pas seulement un peuple qui a été libéré : nous sommes un peuple qui se souvient d’avoir été libéré, et qui transmet ce souvenir de manière délibérée.
Pour moi, cela me touche particulièrement. Mon identité juive ne découle pas d’un moment décisif, mais d’une succession d’expériences : les tables de Shabbat, les conversations, les traditions et les communautés qui me rappellent qui je suis. Au sein d’espaces comme BBYO, j’ai appris que l’identité n’est pas quelque chose que l’on « comprend » d’un seul coup ; c’est quelque chose que l’on construit activement en s’impliquant, en posant des questions et en choisissant d’y appartenir. Tout comme les Bnei Yisrael dans la Parasha Bo, je n’ai pas attendu que tout soit clair avant de revendiquer ma place, je m’y suis engagée tout en continuant à apprendre.
Ce qui est remarquable, c’est que tout cela se passe avant que la mer ne s’ouvre, avant que les miracles n’atteignent leur apogée. La Torah nous enseigne que l’identité n’attend pas une liberté parfaite ni des conditions idéales. Elle se construit même dans les moments d’incertitude, alors que l’on se tient au bord de l’inconnu.
La parasha Bo nous pose la question suivante : qui a le droit de définir notre identité ? Des forces extérieures ou nous-mêmes ? À l’instar des Israélites, c’est lorsque nous prenons en main notre temps, nos histoires et notre communauté que nous sommes le plus forts. L’identité juive n’est pas quelque chose qui nous est imposée. C’est quelque chose que nous choisissons, que nous façonnons et que nous transmettons.
Shabbat Shalom,
Maya Sahar, BBYO
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